En ce début juillet, les sangliers ont établi leurs quartiers d'été au sein des cultures. Les pois fourragers exercent sur eux une attraction extrême et les colzas proches leur offrent un abri haut de toute quiétude. Afin de réduire la facture des dégâts agricoles, les chasseurs ont le droit de tirer les suidés à l'approche ou à l'affût à partir du 1er juin, une heure avant le lever du soleil jusqu'à une heure après son coucher.

C'est une chasse passionnante, source de riches observations, que l'on pratique aux heures extrêmes de la journée, celles où l'activité des animaux sauvages est à son paroxysme.

Si 2013-2014 fut bien morose avec ses aléas climatiques qui ont mis à mal la reproduction des sangliers, cette année, chaude et sèche, a permis à de nombreuses portées de survivre et la population sera sans aucun doute très importante à l'automne.

Il importe donc de tirer actuellement les animaux qui séjournent dans les cultures et y commettent d'importants dégâts, que la communauté des chasseurs sera amenée, seule, à prendre en charge.

J'ai donc eu l'occasion de "prélever" un joli mâle de 78 kg au début du mois, que Ramure a retrouvé après une courte recherche dans un champ de colza (tir à 70 m, distance de fuite : 80 m, aucun indice de blessure, )

Ramure, 14 ans et toujours aussi passionnée.

Un joli mâle, au terme d'une approche en plein champ, au petit matin.

UNE NOUVELLE OPPORTUNITE

 

Hier soir, à la fin de ma troisième soirée d'affût dans ce colza qui entoure un champ de pois bien dégradé par les bêtes noires, j'ai eu l'occasion de tirer les deux sangliers que j'observe chaque soir, parfois bien avant le coucher du soleil. Sortis d'abord à plusieurs centaines de mètres, ils ont fini par approcher mon affût à moins de trente pas. Souhaitant réaliser d'abord des clichés ou une vidéo, j'ai tardé un peu à saisir la carabine et la laie m'a repéré. Le petit mâle qui l'accompagne est venu alors au même endroit et j'ai pu placer son encolure dans ma lunette. Le tir était facile mais pas complètement sécurisé en raison de la présence de la ferme à quatre cents mètres. Par prudence, j'ai préféré m'abstenir, ce qui m'a valu une courte sérénade de grognements et de soufflements des deux animaux arrivés à moins de dix mètres de mon siège.

J'y serai ce soir, en changeant de lieu car avec l'arrivée du beau temps, le vent a tourné complètement.

Je garde néanmoins une petite vidéo de déplacement et d'alerte assez vivante.

Partageons-là !

Second sanglier en 2014.

 

Au bout d'une douzaine d'heures d'affût, j'ai pu tirer cette laie de cinquante kg dans le champ de pois du Val de la saule.

La séance avait pourtant bien mal commencé car les animaux m'ont éventé dès mon arrivée à 19 h  sous le grand soleil. Les habituels grognements ont précédé la fuite dans les fonds ombragés vers la rivière, là où le colza est le plus haut.

 

Je me suis donc placé près de la coulée qu'ils empruntent chaque jour pour regagner les pois, bien décidé à attendre jusqu'à la nuit, comme l'autorise la réglementation.

Vers 20 h, un renard vint m'honorer d'une courte visite puis l'habituelle chevrette passa en  bas sans me voir, ni me sentir, ce qui me rassura sur l'intérêt de ma position 'stratégique". Le soleil déclinait, l'ensemble des cultures s'enfonçait dans l'ombre et se préparait à l'obscurité quand un premier sanglier passa assez rapidement à soixante mètres, montant de la rivière. Je n'eus pas le temps de le mettre en joue, mais l'espoir de voir arriver le second était bien réel et l'émotion, encore présente après tant d'années passées au contact des "bêtes", procurait à l'instant des sensations que l'on n'oublie pas.

La bête noire s'engagea dans le chemin creusé par les engins agricoles; en un instant, je pus monter la kipplauf et poser sur son thorax la croix fatale. La détonation résonna dans la combe et le sanglier, après un demi-tour brutal, détala dans une fuite éperdue, marqueur typique de la blessure mortelle.

L'effroi et la douleur l'avaient entraînée en contrebas, assez près de moi, et je pus percevoir dans les hautes tiges de colza, les soubresauts de sa courte agonie.

Rendu à l"anschuss"  *, je découvris une abondance de sang foncé qui marquait la voie de fuite et indiquait à n'en pas douter une "balle de coeur", ainsi que l'avait laissé présager  sa fuite instantanée.

Il était trop tard pour aller chercher l'animal dans le colza épais où l'on de distinguait plus rien. J'appelai Jérémy pour lui demander aide et assistance. Rendez-vous fut pris pour le lendemain à 6 h 30, avant la chaleur, avec Ramure, bien sûr...!!

 

* anschuss : lieu où se trouvait l'animal au moment du tir.

Recherche au petit matin (cl : Jérémy)

Nous arrivons rapidement vers la bête.

Ramure préfère le sanglier à toute autre recherche; néanmoins, malgré sa petite taille, il lui est arrivé de "prendre" des chevreuils blessés.

C'était la première recherche(élémentaire, cependant) pour Jérémy. Très heureux qu'il ait pu participer à cet acte capital dans la pratique de la chasse.

L'acharnement du teckel...