la sortie des blaireaux

     Au printemps revenant, c'est de jour qu'il fallait partir pour "aller aux terriers".
     Bien avant la folie meurtrière des hommes qui les accusent de tous les maux, les blaireaux occupaient chez nous la moindre haie, le premier fossé et la dernière falaise.
     Nous nous installions, comme fidèles à l'office, attendant la célébration  du crépuscule par la famille "taisson". Bien souvent, en évadé furtif, le renard précédait de peu l'évènement; nous savions alors qu'allait poindre de sa retraite le museau pointu et soupçonneux du terrassier.

     Commençait alors l'un des spectacles sauvages les plus réjouissants

  de nos régions, les ébats familiaux du blaireau, que nous partagions,

assis confortablement à bon vent, à quelques mètres des acteurs

rassurés, jusqu'à ce que la nuit noire ou le départ en chasse des

animaux ne nous donne le signal du retour.